Samedi 1 décembre 2007
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Editorial de Bernard Devy, Secrétaire confédéral
> LA RETRAITE DANS L'ACTUALITÉ
Actualité Retraite n°45

Les tentatives du gouvernement à
vouloir réformer les régimes spéciaux ne sont pas récentes, rappelons-nous 1995. Cette fois, après les promesses du candidat Nicolas Sarkozy, nous sommes rentrés dans un processus dont on ne peut
s’empêcher de faire le lien avec les rendez-vous de 2008 qui semblent vouloir s’accélérer.
Le gouvernement a pris conscience qu’il lui serait difficile d’exiger un passage à 41 ans à partir de 2009 pour les salariés du secteur privé comme du public s’il n’a pas auparavant réglé le
problème relevant des régimes spéciaux. Peu importe si cette réforme doit, dans l’immédiat, se traduire par des coûts supplémentaires pour les entreprises concernées et par des tensions entre les
salariés en place et ceux qui, à l’avenir, seraient contraints d’effectuer des années d’activité en plus, pour une retraite qui ne sera jamais l’équivalent d’aujourd’hui.
Le gouvernement aurait tort de sous estimer l’impact du mouvement actuel et ses conséquences sur l’examen des suites de la loi de 2003 sur les retraites. Plusieurs étapes sont prévues ; le 29
octobre dernier, la commission de garanties des retraites, chargée par la loi du 21 août 2003 portant réforme des retraites, de veiller à l’évolution des durées d’assurances et de services,
rendue nécessaire par l’allongement de l’espérance de vie, a donné un avis favorable à cette évolution à partir de 2009 pour atteindre 41 ans en 2012 à raison d’un trimestre par an. Le coup
d’envoi est donné, la deuxième étape est intervenue le 22 novembre avec la publication du rapport du COR. Nous entrerons alors dans la phase active de consultation et de concertation avec les
partenaires sociaux, sans oublier le passage probable au Parlement qui ne devrait pas révéler de grandes surprises, mais l’avis de la Commission de garantie des retraites ignore complètement la
réalité économique de notre pays et de la situation de l’emploi.
Le gouvernement ayant fait le choix d’augmenter la durée de cotisation, nous allons inévitablement vers une baisse programmée du niveau des pensions. Actuellement les 2/3 des salariés ne sont
plus dans l’emploi au moment de faire valider leurs droits à retraite, or l’allongement de la durée de cotisation ne peut contribuer qu’à liquider des pensions dont la décote prendra sa pleine
mesure au détriment des salariés les plus précaires. Et ce n’est pas fini, les 42 ans sont déjà programmés à l’horizon 2020. La priorité affichée par le gouvernement est-elle de gommer les
inégalités ou de les aggraver ?
La Confédération Force Ouvrière ne restera pas inactive. Le rendez-vous de 2008 ne doit pas être apprécié comme une simple clause de revoyure. Nous exigeons un véritable examen de nos
revendications en matière de retraite et nous aurons l’occasion de le rappeler dans les prochaines semaines.